
Les nouveaux résultats du classement PISA viennent de paraître.
Ils suscitent, une fois encore, beaucoup de commentaires sur le niveau des élèves français. (On notera d’ailleurs que peu d’élèves sont interrogés par les journalistes, alors qu’ils sont pourtant les premiers concernés)
J’aimerais poser une autre question.
Et si le problème n’était pas celui que l’on croit ?
Les élèves travaillent…
Quand on est professeur, on rencontre beaucoup d’élèves qui travaillent.
Des élèves qui révisent.
Des élèves qui apprennent leurs leçons.
Des élèves qui essaient vraiment.
En tant que parents, vous avez sûrement déjà vu vos enfants revenir déçus, car malgré le sentiment d’avoir réviser parfaitement et avec acharnement, ils n’ont pas eu une bonne note.
En tant qu’élève, vous avez peut-être déjà eu le sentiment que vos efforts ne servaient à rien.
Cela ne suffit pas !
Pourquoi ?
Parce qu’apprendre ne consiste pas seulement à fournir des efforts. Encore faut-il savoir où et comment les diriger.
Un élève peut passer du temps à relire une leçon sans réellement comprendre ce qu’il doit en retenir. Il peut refaire des exercices sans chercher à comprendre pourquoi il se trompe. Il peut apprendre une règle par cœur sans savoir dans quelle situation l’utiliser. Et, surtout, il peut finir par accumuler les mauvaises notes et les erreurs jusqu’à se convaincre d’une chose terrible :
« De toute façon, je suis nul. »
À partir de là, les difficultés scolaires ne sont plus seulement une question de connaissances. Elles touchent aussi la confiance en soi, la motivation et la capacité à se projeter dans une réussite possible.
Les solutions
C’est pourquoi je crois profondément qu’il faut apprendre aux élèves à comprendre leurs erreurs, identifier leurs difficultés et diriger leurs efforts dans la bonne direction.
Pas leur faire croire qu’il existe une méthode miracle ou que cela dépend de facteurs extérieurs.
Pas leur promettre qu’ils ne feront plus jamais d’erreurs.
Mais leur montrer que leurs difficultés ne sont pas une fatalité. Qu’un élève qui échoue aujourd’hui n’est pas condamné à échouer demain. Et que parfois, avant de demander à un élève de travailler davantage, il faudrait peut-être commencer par lui apprendre comment travailler efficacement.
C’est aussi cela, pour moi, accompagner un élève sur son chemin d’apprentissage. Parce qu’une difficulté n’est pas une malédiction. Elle peut être le point de départ d’un nouveau chemin. Il n’est pas nécessaire d’attendre le post-bac ou une formation en entreprise pour enfin apprendre ce qui manque réellement…
Et vous, avez-vous déjà rencontré un élève qui travaillait beaucoup sans y arriver ?
